Imaginaire
Eve Bonfanti et Yves Hunstad c’est avant tout un duo pas comme
les autres.
Artisans dans l’âme, depuis deux décennies, ils composent leurs
spectacles à 4 mains.
Au final une écriture gémellaire, à la fois masculine et féminine,
taillée au millimètre.
Ces deux là, tels des magiciens, inventent et jouent des histoires
entre vrai et faux semblants jeu et hors jeu, fiction et réalité, en
complicité avec le public.
Chacun de leur spectacle s’apparente à un voyage dans
l’imaginaire, bouscule les codes de la représentation, éveille
notre sensibilité et nos désirs les plus enfouis.
Les spectateurs qui suivent leurs aventures savent qu’on ne peut ni
raconter ni mesurer leurs pièces, véritables bijoux théâtraux où
poésie et humour fou s’entremêlent si singulièrement.
Comment vous êtes‐vous rencontrés et comment La Fabrique
Imaginaire est‐elle née ?
Eve Bonfanti :
Quand nous nous sommes rencontrés, nous avions le désir, chacun de son côté, de sortir des chemins balisés du théâtre.
L’acte de prendre la parole et d’inventer ensemble est devenu
le sens premier de notre métier d’acteurs.
C’est pour concrétiser cette démarche qu’est née La Fabrique
Imaginaire.
Pouvez‐vous définir l’originalité de votre démarche ?
Eve Bonfanti :
Ce qui nous caractérise, je crois, c’est de faire apparaître dans notre
écriture les points de vue des différents protagonistes qui font
exister le théâtre : la réalité et l’imaginaire des acteurs, des
personnages, des auteurs, du public.
Yves Hunstad :
Une des particularités de notre manière d’aborder le théâtre,
que ce soit dans l’écriture ou le jeu, est de toujours emmener
le spectateur dans la narration de nos pièces.
Pour que le théâtre que l’on propose soit tout simplement
vivant et qu’il suscite l’imaginaire, il est apparu dans notre
pratique que la présence du public devait être intégrée au
sein même de notre écriture.
Les spectatrices et les spectateurs qui arrivent au théâtre sont
dès le départ de la soirée considérés comme acteurs de
l’événement qui se déroule et ils prennent conscience de recevoir
une place pour le temps d’un soir au côté des protagonistes de
l’histoire.
Au départ il y a le temps présent, un ensemble de personnes
se donnent rendez‐vous dans un théâtre et puis petit à petit
commence un « certain voyage ».
C’est la naissance de l’illusion qui pour nous se construit
sur le socle de cette réalité au départ d’une parole sincère et
qui prend son envol emporté par le plaisir d’un jeu malicieux
de l’esprit.
L’illusion, tel qu’on la souhaite au théâtre, n’a de sens que
si elle est peut être vécue par le public et partagée avec lui.